Donner un point de vue qui se veut autre, dans tous les cas un point de vue politiquement incorrect. Haroun donne son avis sur l'actualité du petit monde qui nous entoure... Ni de droite, ni de gauche... Du dessus !
2 Janvier 2017

Les vœux de « moi président » m’ont beaucoup touché. Droit au cœur, la parole protectrice de celui qui nous a mis dans la situation que l’on connaît. Après bon nombre de ses prédécesseurs qui avaient commencé avant lui à mettre le peuple entre parenthèses dans le pays des droits de l’homme, il ignore désormais, comme eux, ce que signifie le mot démocratie. Grâce à ses représentants qui ne représentent plus rien d’autre qu’eux-mêmes, notre république devenue bananière est dirigée par des « individus » loin de toute vie dite « normale », réelle, concrète. Alors ses avertissements sur le risque de basculement ne sont que le pâle reflet de son incroyable mépris, voire son indifférence, pour ceux qu’il a trahis et délaissés pendant son mandat et qu’il a mis face à ce choix dramatique qui peut engendrer le basculement duquel il veut nous protéger.
Tout comme les élites américaines, qui ont suivi Hilary Clinton et l’ont supporté sans se poser de question en particulier les mondes de la presse et des intellectuels, ont été surpris du décalage entre eux et le « vrai » peuple, notre énarque de l’Élysée semble être victime du même syndrome. Il est certain que des gens qui n’ont jamais connu le « travail risqué » ni des salaires limités au SMIC peuvent avoir du mal à comprendre ceux qui y sont soumis. Alors il apparaît facile de répéter à l’encan toujours les mêmes critiques, dites populistes, qui font monter les enchères à l’encontre de ce milieu loin d’être naturel caché derrière le titre « d’élites ». Mais comme je le dis souvent ce n’est pas honteux d’être populiste. S’occuper du peuple, de ses désirs, de ses angoisses, de sa vraie vie, de son niveau, il est vrai assez bas, de compréhension du monde créé par justement les élites sans lui demander son avis, n’est définitivement pas honteux. Que ce soit Mélenchon ou Le Pen, l’utilisation du populisme ne montre finalement que le fossé entre la réalité et le rêve d’une société toute théorique faite de statistiques et de chiffres froids, sans vie et qui ne signifient rien. Les mots ont perdu leur sens et tout repose là-dessus pour donner du crédit ou au contraire décrédibiliser la parole de celui qui joue avec ce que les élites appellent le populisme. Mais les populistes vont gagner car le peuple n’a pas honte d’être ce qu’il est. Seuls ceux qui se croient au-dessus de lui ont honte de lui et ils vont le payer ici comme les étasuniens vont le faire pendant 4 ans au moins chez eux.
Notre « moi président » est au populisme ce que les élites sont au bon sens, strictement l’inverse, le strict opposé, le diamétralement positionné. Il est l’image facile, et gracile, de ce politiquement correct qui retire aux mots leurs vrais définitions pour mieux nous piéger. Nous, ceux, qui ne possèdent de la langue française que le minimum vital du fait de la ruine de l’école publique et de l’abandon de nos jeunes dans nos écoles au formatage des entreprises pour leurs futurs chômeurs préparés aux combats qui les opposeront à leurs frères de caste. Nos gouvernants et ceux de leur propre caste, appelés en contre-sens les élites, n’ont finalement pas d’autre choix que le réalisme de leurs bailleurs de fonds, lobbyistes et corrupteurs habituels. Et comme le disait Georges Bernanos : « le réalisme est le bon sens des salauds ». Tout comme tous les journalistes du Washington Post avaient pris fait et cause pour la défenderesse de la gente du business, de la bourse et des intellectuels qu’ils nourrissent pour se donner des relents culturels et intellectuels, nos propres journalistes reprennent en chœur l’anti-populisme primaire. Mais ce n’est que la colère contre le mépris et l’indifférence de ceux qui devraient nous respecter qui a été le soutien de Trump comme il l’est de Mélenchon et Le Pen. Mais il existe néanmoins une différence de populisme entre celui de gauche et celui de droite. Mélenchon, à l’inverse de son exacte opposée Marine Le Pen, ne bâtit pas son argumentaire sur le racisme, la fermeture aux autres, et le repli sur soi conseillé et prôné par le FN. Mais pour les élites ces différences n’existent pas, dans tous les cas ils ne les voient pas ou font mine de ne pas les voir.
Or, la fonction première de nos dirigeants est justement de nous expliquer, de nous instruire, de nous cultiver afin de ne pas tomber sous les fourches caudines de nos bas instincts, des manipulateurs et des beaux parleurs de la politique qui promettent plus vite que leurs ombres et qui n’accomplissent rien comme les ombres de leurs ombres. Pour ne pas tomber dans les trappes des « populistes » peut-être aurait-il fallu que nos si intelligents gouvernants et grands intellectuels qui les conseillent nous prémunissent contre les virus populistes en nous évitant leur fausse compassion et leur commisération feinte et mal à propos à notre endroit. Nous n’avons pas besoin de pitié, juste de justice et d’égalité, de vraie instruction, du respect de notre devise nationale. Le regard arrogant, plein de ce mépris qui caractérise les prétentieux qui ont réussi sans jamais vraiment souffrir, que nous réservent les élites, à nous, les sans dents, n’est pas rempli d’affection ni de bonnes intentions. Ils jugent, ils évaluent, ils comptent. Ce qui motive leurs réflexions ne repose que sur l’économie et comme elle nous le prouve tous les jours, l’économie est tout sauf humaine. Seuls ceux qui n’ont rien tiennent à l’humanité car elle est la définition même de la solidarité, du lien et c’est tout ce qui vous reste lorsque vous n’avez pas l’argent, seul outil à la disposition des puissants et des esclaves politiciens qui nous gouvernent. Le rôle du politique est bien de sauvegarder l’unité du peuple, et la mise en conformité des actions menées par les représentants populaires dûment élus avec les volontés du peuple. C’est aussi du populisme.
Vous voyez bien que « populisme » est un mot à géométrie variable en fonction de celui qui l’emploie. Nous comprenons aussi pourquoi les journalistes sont les professionnels les moins aimés de France tout comme ceux qu’ils protègent et qui les nourrissent, justement les politiciens. Nos élite n’attendent qu’une chose… Que nous les chassions !
A bon entendeur, devenez sourd…
Remercions la Cour de Justice de la République, à laquelle j’accorde des majuscules, qu’elle ne mérite pas, pour avoir jugée Christine Lagarde coupable de négligence sans lui infliger de sanction… en guise de récompense de bons et loyaux services au bénéfice de l’oligarchie.
Remercions la Cour de Cassation d’avoir confirmé le jugement qui touche Sylvie ANDRIEUX, débarquée du PS et de l’assemblée nationale suite à sa condamnation, du 9 novembre 2016, à 4 ans de prison, dont 3 avec sursis, et 5 ans d’inéligibilité.
Mais… « L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Denis BAUPIN, Patrick BALKANY, Thomas THÉVENOUD qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »