Donner un point de vue qui se veut autre, dans tous les cas un point de vue politiquement incorrect. Haroun donne son avis sur l'actualité du petit monde qui nous entoure... Ni de droite, ni de gauche... Du dessus !
6 Janvier 2017

Il existe maintes manières d’organiser l’auto-censure. Celle-ci, d’ailleurs, n’est pas réservée aux journalistes qui se mettent volontairement à la botte de leurs maîtres sans que ceux-ci aient à commander toute allégeance. Nous voyons par exemple le sacrifice du temps libre de nos collègues salariés qui défendent leurs carrières en se soumettant au régime infernal des sollicitations professionnelles durant leurs week-ends ou leurs soirées. Il en est de même chez les militaires et tous les corps de métier sans exclusion. Le courage n’étant pas plus le propre de l’homme que l’abnégation, est-ce étonnant ?
Nous légiférons pour un oui pour un non. Etait-il nécessaire de créer une nouvelle loi pour rendre obligatoire la nécessité offerte aux employés de ne pas répondre aux sollicitations silencieuses mais réelles des patrons qui rêvent d’avoir des salariés qui ne cessent jamais de travailler mais sans jamais demander à être rémunérés proportionnellement ? C’est une des facettes de la trop célèbre loi scélérate dite « loi travail ». Trop de journalistes se sont émus de tant de générosité patronale. Mais ne vous y trompez pas, la compétition à l’emploi ne fait que commencer et l’auto-censure comme le léchage de bottes, pour ne pas être trop grossier, verront leurs beaux jours dans un avenir proche. Cet avenir qu’on nous présente comme radieux verra dans les 10 ans qui viennent la destruction de plus de 15 millions d’emplois à cause d’une automatisation et d’une informatisation qui évoluent à marche forcée. La défense de nos emplois personnels passera indubitablement par une compétition effrénée entre salariés, bénéficiant aux chefs d’entreprises et en particulier aux multinationales armées d’avocats connaissant à la fois le droit et surtout les juges. Comment croyez-vous que la défense des emplois de chacun s’organisera, la solution la plus simple est la sous-enchère salariale, la négociation sur des avantages qui semblaient acquis et qui sont devenus, par la force des choses, accessoires et donc discutables. Nous battrons entre nous pour pouvoir sauvegarder le moindre salaire, même en baisse constante, pourvu que nous puissions conserver nos petits conforts, payer nos crédits qui ne servent pas à nous rendre heureux mais seulement à faire fonctionner une méga-machine qui nous broie les os grâce à notre asservissement consenti et volontaire. « Amis de la collaboration, bonjour »…
Nous n’avons même plus besoin de porter des chaînes, nous n’avons même plus besoin d’avoir un fouet qui nous écorche les flancs, nous n’avons même plus besoin de maître. Nous sommes à genoux depuis si longtemps qu’on en oublie que la grandeur de nos dirigeants n’existe que par notre position courbée et la petitesse de nos comportements. Quand La Boétie écrivit son traité sur la servitude volontaire, il pensait avoir tout vu dès son époque. Il doit danser la gigue dans sa tombe en voyant à quel niveau record d’asservissement nous sommes parvenus en si peu de temps. Mais nous avons encore beaucoup de chance. Nos maîtres pourraient aussi nous battre et nous ne nous rebellerions pas plus. Nos maîtres le savent, je vous le confirme. Mais nous le savons aussi, nous connaissons notre pleutrerie, notre veulerie, notre lâcheté et nous parvenons même à vivre avec sans vomir plus que de raison. Enfin, les autres peut-être, mais pas moi, je passe ma vie à avoir des haut-le-coeur, j’erre de lavabos en toilettes tellement je suis écoeuré de moi-même d’avoir accepté un monde si horrible et le léguer à des générations futures innocentes. De Valls qui renie l’emploi d’un article 49.3 qu’il fit à maintes reprises, à un Montebourg qui pense plus à sa gloriole personnelle dans un PS déliquescent qu’aux intérêts de la France et de son peuple. Aucun de ces gens-là, de droite ou de gauche ne représente un véritable avenir pour nous ni pour le pays. Ils sont des coquilles vides, même le beurre d’escargot qui aurait pu leur donner un goût plus agréable a fui à toutes jambes de cet espace insalubre que représente leurs cerveaux réservés à leur seul profit.
L’alinéa de cette loi maudite qui remet en question notre asservissement ordonné ne servira à rien, il est déjà remplacé par notre « collaboration » active et passive. Nous avons d’ores et déjà abandonné le combat dans cette espèce de coexistence pacifique et normée qui correspond à un politiquement correct qui nous impose le règlement paisible de nos différends sociaux via des concertations qui ne doivent contenir aucun discours opposés. Mais nous oublions simplement que la démocratie n’est pas l’absence d’opposition, au contraire. C’est justement de l’opposition que naît la démocratie. Un pays voué à un mode de pensée unique n’est que le pâle reflet d’une dictature qui ne veut pas avouer son nom mais qui ne trompe personne, ni nous, ni nos maîtres. Faisant partie de différents mouvements citoyens, je vois bien que l’insatisfaction des gens quant à la définition très limitée et subversive de la démocratie employée par nos politiciens les enrage et détermine un seuil de colère chaque jour plus élevé. La disparition de la confrontation des idées, que nous avons connue dans les années 60 à 80, au profit d’une course aux profits immédiats des riches comme des pauvres qui ont connu la bourse sous l’impulsion des riches qui avaient besoin de contre-parties pour organiser leurs spéculations, a donc laissé la place aux appétits égoïstes, aux mentalités grégaires négatives propagées par les riches, et les médias à leur solde, au détriment de l’autonomie de réflexion des pauvres qui avait fait flores dans les années 60 et 70. Le profit immédiat et personnel avait pris lieu et place de la générosité globale et le respect de l’autre. Les lois sont donc inutiles pour faire de nous des êtres libres ou soumis, nous nous débrouillons très bien sans cela, la preuve. Nous avons choisi la soumission dans le confort auto-centré à la liberté dans le partage globalisé. Une mondialisation marchande avilissante a pris tout l’espace réservé à la globalisation de la liberté enrichissante humainement.
Vive 2017, année du réveil des peuples ??? Ou année de l’asservissement final ??? A nous de jouer !
A bon entendeur, devenez sourd…
Remercions la Cour de Justice de la République, à laquelle j’accorde des majuscules, qu’elle ne mérite pas, pour avoir jugée Christine Lagarde coupable de négligence sans lui infliger de sanction… en guise de récompense de bons et loyaux services au bénéfice de l’oligarchie.
Remercions la Cour de Cassation d’avoir confirmé le jugement qui touche Sylvie ANDRIEUX, débarquée du PS et de l’assemblée nationale suite à sa condamnation, du 9 novembre 2016, à 4 ans de prison, dont 3 avec sursis, et 5 ans d’inéligibilité.
Mais… « L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Denis BAUPIN, Patrick BALKANY, Thomas THÉVENOUD qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »