Donner un point de vue qui se veut autre, dans tous les cas un point de vue politiquement incorrect. Haroun donne son avis sur l'actualité du petit monde qui nous entoure... Ni de droite, ni de gauche... Du dessus !
29 Décembre 2016

Hier nous parlions d’égoïsme, aujourd’hui nous allons parler du seul peuple autochtone d’Europe. Il y aura bien évidemment un point commun entre ces articles qui se suivent et se ressemblent, non pas par la forme mais par le fond. Il y a au nord de la Suède, de la Norvège, de la Finlande et de la Russie une région habitée par un peuple ancien, très ancien : le peuple Saame. La particularité de ces Saames est qu’ils sont avant toute chose éleveur de rennes. Ils partagent avec quelques peuples d’Indiens d’Amérique du Nord et du Sud, et d’autres régions du monde comme l’Australie avec ses aborigènes, le combat pour leur survie contre la volonté destructrice de notre société extractiviste, productiviste et capitalo-libérale qui désire changer les humains en robots consommateurs lobotomisés…
A qui appartient un territoire lorsque sa propriété reposait sur l’existence d’un peuple qui en prenait soin opposé à un autre peuple, étranger à cette région, mais armé, puissant et belliqueux, sûr de son bon droit d’accaparer tout ce qui peut enfler encore plus sa puissance et sa richesse sans aucun égard pour rien ni pour personne, même si c’est à son propre détriment à long terme ? Eh bien c’est très difficile à déterminer. L’histoire nous dit que les Saames en sont les vrais propriétaires alors que dans les faits ils en sont dépossédés de plus en plus par une société qui ne veut pas d’eux car ils sont l’image de ce que, tous, nous devrions être. Ils sont les générateurs de mauvaise conscience des envahisseurs. Nous savons que les Saames ont raison de protéger leur territoire et de ne pas le ruiner pour s’enrichir en détruisant leur avenir.
Le court terme a pris le pas sur le long. Demain sera un autre jour est le maître-mot de ces adorateurs du « carpe diem » façon destructeur et prédateur professionnel. Ils ne connaissent pas le latin ces malheureux incultes tous occupés au culte de leur gloire et de leur certitude de détenir « LA » vérité. Carpe diem ne signifie pas de profiter du temps présent sans penser à l’avenir pour autant, c’est la primauté donnée au présent par l’importance qu’il possède sur nos vies et la jouissance que nous en avons, mais il ne fait pas l’économie du futur, il le sous-entend. Il ne peut y avoir de moment présent sans moment futur, car le futur n’est que le présent de demain. Sans égard pour ce jour, demain n’existera pas, ni donc le fameux carpe diem.
Dans tous ces endroits détenus par des peuples anciens, dont on rogne les droits chaque année un peu plus, les pressions augmentent pour les détruire culturellement, économiquement et les priver de leur droit difficilement acquis par des décennies de lutte, souvent sanglante. Pourquoi ? Tout simplement parce que leurs territoires historiques contiennent des matières premières dont les envahisseurs, sauvages et sans culture autre que celle de l’argent, ont besoin pour pérenniser leur emprise sur le monde, leur monde. Les Saames s’opposent aux lobbies miniers et extractivistes suédois et étrangers qui veulent piller les sous-sols des prés et des bois qui leur permettent de vivre de leur métier depuis des dizaines, voire des centaines de générations. Il en est de même partout, il n’y a pas d’Indiens qui soient en paix nulle part car ils sont tous parqués sur des territoires qui finalement sont riches et dont on ne connaissait pas la fortune au moment où on leur avait donné l’ordre d’y vivre dans le silence humiliant des perdants.
Les prédateurs n’ont peur de rien. Les autorités suédoises sont obligées de déplacer le cœur d’une ville tellement les excavations qui lui sont imposées dans son sous-sol sont proches d’en faire disparaître son centre-ville. La plus grande mine de fer souterraine, à Kiruna, met à mal l’existence même de la ville, comme c’est déjà le cas de sa voisine Malmberget qui a connu un affaissement désastreux. Pour éviter cela Kiruna va déplacer son centre-ville de 3 km. Devinez qui va payer ? Les Suédois bien entendu, pour enrichir encore plus les compagnies minières génératrices de ces problèmes. Pourquoi ? Parce que la société d’exploitation minière fait travailler 2000 des 18000 habitants. Chantage au chômage, comme chez nous… Injustice ? C’est certain !
Quel est-il ce point commun entre égoïsme et extractivisme ? Si vous demandez ce qu'ils en pensent aux Suédois qui ne sont pas du peuple Saame, vous entendrez une acceptation, au moins tacite, sur les offres des exploitants miniers pour préserver leurs emplois et leur niveau de vie. Ils mettent en avant la fin probable de la ville, la disparition de leur confort, de leur qualité de vie. Mais cette ville n’est née que par la volonté des compagnies minières d’avoir du personnel à disposition au début du XXe siècle. Elle n’a rien d’ancien ni d’authentique, elle répond à un besoin économique plus qu’à une histoire ancestrale d’un peuple qu’on a repoussé, qu’on a mis de côté sans égard et dont on détruit les moyens de survie en exploitant un territoire qui était le leur jadis. Qui a raison, qui a tort ? Choix difficile s’il en est. Pour ma part, personne n’a raison ni tort. L’avenir de la planète et surtout de l’humanité passe par la cessation de l’exploitation de la terre sans mesure ni ménagement.
Nous devons respecter la nature qui ne nous appartient pas et qui faisait vivre des peuples entiers avant qu’on ne s’en approprie pour faire de l’argent. Bien évidemment, je suis partisan des Saames plutôt que des creuseurs de tombes que sont les marchands du temple. Nous devons au moins les laisser vivre comme ils l’entendent. Nous sommes tellement convaincus que notre point de vue est le meilleur que nous n’écoutons aucun des discours qui ne nous conviennent pas avec obstination et persévérance. Pour préserver le moment présent nous mettons en péril notre moment présent de demain, celui de nos enfants, de nos petits-enfants et de toutes les générations à venir. Notre égoïsme est totalitaire et aveugle.
Ce sont nos égoïsmes stériles et cupides qui sont à l’origine de beaucoup de nos maux. Notre désir de ne pas perdre quoi que ce soit même si c’est au détriment de nos propres enfants engendrera notre perte. Mais l’espèce humaine n’est-elle pas finalement la seule espèce qui mérite vraiment de disparaître ? La réponse nous appartient...
A bon entendeur, devenez sourd…
Remercions la Cour de Justice de la République, à laquelle j’accorde des majuscules, qu’elle ne mérite pas, pour avoir jugée Christine Lagarde coupable de négligence sans lui infliger de sanction… en guise de récompense de bons et loyaux services au bénéfice de l’oligarchie.
Remercions la Cour de Cassation d’avoir confirmé le jugement qui touche Sylvie ANDRIEUX, débarquée du PS et de l’assemblée nationale suite à sa condamnation, du 9 novembre 2016, à 4 ans de prison, dont 3 avec sursis, et 5 ans d’inéligibilité.
Mais… « L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Denis BAUPIN, Patrick BALKANY, Thomas THÉVENOUD qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »