Donner un point de vue qui se veut autre, dans tous les cas un point de vue politiquement incorrect. Haroun donne son avis sur l'actualité du petit monde qui nous entoure... Ni de droite, ni de gauche... Du dessus !
23 Décembre 2016

Ce qui est extrêmement agréable avec nos pseudos démocraties occidentales repose sur le peuple. Entendons-nous bien, ce n’est pas agréable pour lui, le peuple, mais ça l’est pour ceux qui nous parlent de démocratie mais qui ne savent pas ce qu’elle signifie. Par exemple en Italie, la plus vieille banque du monde, Monte dei Paschi di Siena, est au bord de la faillite, et quand je dis au bord c’est du mauvais côté du bord. Eh bien les chantres du libéralisme triomphant, les banquiers, sont contents de trouver le peuple pour payer les dettes qu’ils ont créées par leur spéculation débridée alors qu’ils sont contre l’état et sa main-mise sur l’économie qu’ils souhaitent libérale… Paradoxe ?
Les banquiers, maîtres en spéculation avec l’argent des autres, sont assez incroyables. Non contents de perdre l’argent des autres à des jeux de casino dénommés « bourse », tout en gagnant des milliards de commissions et de frais de gestion, ne veulent pas prendre en compte leurs propres risques lorsqu’ils investissent dans des titres pourris, aussi pourris qu’eux-mêmes, sur lesquels les plus-values sont hautement motivantes mais absolument incertaines. Et lorsqu’au réveil, le constat de la décrépitude de ces titres sans valeur réalisé, il ne reste plus à ces banquiers habillés sur mesure qu’à aller pleurer devant les politiciens pour que ceux-ci rackettent le peuple appelé à la rescousse pour sauver des banques qui ne diront même pas merci. Ceci est d’autant plus vrai qu’après avoir été sauvées, ces banques n’hésitent pas à oublier leurs bienfaiteurs pour les rançonner de plus belle et leur montrer leur ingratitude. Dans le cas de l’exemple italien, cette banque a vécu au-dessus de ses moyens, ou plutôt au-dessus des moyens de ses clients, elle a investi stupidement dans des actions hautement spéculatives qui se sont montrées aussi riches en pertes que pauvres en bénéfices. Et aujourd’hui il lui faudrait au moins une trentaine de milliards pour repartir d’un pied plus solide. 23 milliards de créances douteuses ou irrécouvrables sont dans ses coffres percés. Le nouveau premier ministre italien n’a plus qu’à nationaliser cette banque contre l’avis de Merkel et de son homologue hollandais.
Quand en fin 2015 quatre banques régionales firent faillite dans le pays de Jules César, les citoyens actionnaires ou obligataires ont été spoliés et leurs économies ont disparu dans la déroute en tout premier lieu. Sans recours possible, ces citoyens ruinés n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer. A la suite de ce scandale Renzi, premier ministre à l’époque jura mais un peu tard que l’on ne l’y prendrait plus et assura au peuple que ce serait la dernière fois que les banquiers les voleraient. Menteur ! Aujourd’hui, dans le cas qui nous occupe les investisseurs citoyens perdront au moins 25 % de leurs fonds investis chez Monte Paschi. On continue de les voler mais moins… Pendant ce temps à la commission européenne on crie contre l’aide, interdite réglementairement, de l’état italien à sa banque et à son peuple. On accuse l’ancien premier ministre de ne pas avoir « nettoyé » son système bancaire et le nouveau de ne pas prendre en considération les ordres de l’Europe de diminuer drastiquement les dépenses de l’état et de pressurer une fois encore le pauvre peuple exténué de tant d’intérêts à son endroit. Donc en résumé, il faut serrer les boulons encore plus, ruiner les épargnants italiens ayant été victimes des vendeurs de leurs banquiers qui leur conseillaient d’investir dans leurs propres banques, diminuer les dépenses publiques, les retraites, les salaires, les aides sociales, la culture, l’instruction publique, etc.
Mario Draghi, Italien comme son nom l’indique, président de la BCE, banque de la communauté européenne, reproche l’attitude désinvolte du gouvernement italien devant ce massacre financier. Ce triste sire oublie qu’il était gouverneur de la banque d’Italie entre 2006 et 2012, période où tous les problèmes sont apparus suite à ses propres négligences et son laisser-faire adressé à des banquiers avides et leurs spéculations malencontreuses. Comme Merkel et Sarkozy, à Cannes en 2011, avaient chassé Berlusconi du pouvoir pour des raisons financières elles-aussi, un nouveau coup d’état serait à mettre bientôt à l’actif de l’Allemagne et de la Hollande, les deux Cerbères de la finance libérale qui voudraient corriger ces Italiens insoumis qui défendent leur population victime de banquiers irresponsables et prévaricateurs. L’Europe ne sert à rien tant qu’elle ne parle que d’économie d’une voix uniquement libérale et qu’elle place la politique au dernier rang de ses préoccupations. Avec le même montant de dettes que la France à peu de choses près sauf que cela représente pour l’Italie 130 % de leur PIB, l’Europe va se fâcher et contraindre l’Italie comme elle l’a déjà fait avec la Grèce. Bonne ambiance pour Noël, non ? Comme nous le voyons dans toutes sortes de compagnies et de sociétés, dès que les hommes qui les détiennent peuvent accroître leur fortune et leur pouvoir ils perdent tout scrupule et toute notion d’intérêt général.
C’est à ce titre que je considère que toutes les banques devraient être nationalisées et mises sous la seule enseigne de Banque de France. Elle devrait être interdite de spéculation, ne faire que son métier, prendre l’argent de ses clients pour le prêter à ses clients, payer des intérêts aux investisseurs et en faire payer aux emprunteurs. Point. Pas de bourse, rien qui s’assimile au jeu. Ce serait en quelque sorte une Banque du Peuple.
A bon entendeur, devenez sourd…
Remercions la Cour de Justice de la République, à laquelle j’accorde des majuscules, qu’elle ne mérite pas, pour avoir jugée Christine Lagarde coupable de négligence sans lui infliger de sanction… en guise de récompense de bons et loyaux services au bénéfice de l’oligarchie.
Remercions la Cour de Cassation d’avoir confirmé le jugement qui touche Sylvie ANDRIEUX, débarquée du PS et de l’assemblée nationale suite à sa condamnation, du 9 novembre 2016, à 4 ans de prison, dont 3 avec sursis, et 5 ans d’inéligibilité.
Mais… « L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Denis BAUPIN, Patrick BALKANY, Thomas THÉVENOUD qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »