Donner un point de vue qui se veut autre, dans tous les cas un point de vue politiquement incorrect. Haroun donne son avis sur l'actualité du petit monde qui nous entoure... Ni de droite, ni de gauche... Du dessus !
29 Novembre 2016

Entre les deux clowns tristes qui se partageaient les honneurs d’un second tour acquis d’avance à une marche arrière surprenante de l’histoire de notre pays et la fausse bataille de « moi président » et « du collaborateur » premier ministre, nous avons passé une fin de semaine pour le moins dépressive. Heureusement tout cela est bien terminé… Enfin… Presque. En effet, il est fort possible que ce que je décris comme une fin ne soit en réalité un commencement. Il est grave de constater que le bon en arrière que nous proposaient les droitistes était attendu par plus de 4 millions d’électeurs. Car finalement, c’est cela le plus sombre.
Dans les rôles du comte Godefroy de Montmirail et de son serviteur Jacquouille, nos clowns blancs, Fillon et Juppé, nous font réaliser un bon dans l’antiquité Thatchérienne et Reaganienne avec un sursaut dû plutôt à leur dernier soupir qu’à une joie explosive. Bienvenue dans les années 90 semblent nous dire ces deux compères de l’ère glaciaire qui arborent des sourires que lorsqu’ils se coincent les doigts dans une porte. Nous n’avons pas fini de rigoler avec ces deux-là. Sûr ! D’ailleurs heureusement que le rire guérit parce que les remboursements risquent de ne pas nous permettre de financer nos guérisons avec des médicaments si on les écoute bien. Et quoi que dise Fillon, il ment, en effet, les résultats de l’année 2015 en ce qui concerne les coûts médicaux et leurs remboursements viennent de montrer que les débours non couverts par les mutuelles des patients ont augmentés au moins de 50 %.
L’an prochain sera le début d’une décroissance vertigineuse des avantages sociaux d’une façon globale, la Sécurité Sociale en étant une victime annoncée. Mais rassurez-vous, avec des salaires à la baisse, le code du travail jeté aux orties, les horaires libres et des primes au licenciement payées aux entreprises, notre avenir est radieux. En cerise sur le gâteau nous aurons aussi la dégressivité des allocations chômage qui sont déjà bien maigres au regard de ce qui se prépare. Mais disons merci à la droite. Peut-être que sa radicalisation fera renaître de ses cendres une gauche décatie et mortifère. Ou mieux une citoyenneté sans parti, libre et riche d’une intelligence collective qui sera de toute manière meilleure que l’intelligence intéressée et égotique de nos gouvernants depuis des décennies.
Ce matin se trouvait dans les studios de France Inter l’écouteur et enregistreur en chef de la Sarkozie, ce pays où les affaires d’argent et les coups tordus entre membres d’un même gang étaient monnaie courante. Lorsque j’ai publié mon livre, très naïvement je le reconnais, je pensais que le fait d’avoir écrit un essai contenant un propos qui devient de plus en plus à la mode, une nouvelle Constitution, j’allais avoir au moins un peu d’intérêt de la part des médias. Bêta que je suis, la parole n’est donnée qu’à ceux qui appartiennent au système que souvent ils conspuent. Buisson, ce facho était aux ordres d’un ex président qui vient de disparaître des radars, lui, alors qu’il insulte les journalistes, est royalement invité pour vanter les mérites de son dernier livre, dernière poubelle pleine mise à la disposition de ceux qui l’aiment et qui apprécient ses messages haineux et inhumains.
C’est bien la preuve que rien ne pourra changer. Ceux qui honnissent le plus le système sont ceux-là mêmes qui en vivent. Ils savent que de taper sur le plus faible, de tirer sur les ambulances ne nuit pas aux forts mais au contraire les fait respecter encore plus par la peur qu’ils génèrent. Car voilà bien notre souci. Nous sommes gouvernés par notre peur et c’est elle qui nous fait supporter toutes les avanies dont nous sommes les victimes. Je participais hier soir à une réunion d’un collectif citoyen. Mal m’en prit. J’y ai retrouvé les mêmes mauvaises habitudes que nous voyons exploitées par nos dirigeants de droite et de gauche. Le « moi je » remplace souvent le « nous », le sens privé prend lieu et place de l’intérêt général, on s’écoute parler. A force de critiquer un système basé sur le « soi » on a fini par l’adopter… C’est en cela que l’American Way of Death est très forte. Elle s’insinue subrepticement partout et pourrit tout ce qu’elle touche du fait de la « corruptabilité » aisée des êtres humains, de leur culte de la réussite personnelle au lieu de la collective. Même dans les pays les plus collectivistes, les égoïsmes des corrompus avides de pouvoir et d’argent avaient pris le dessus sur un idéal extraordinaire et généreux.
La refondation d’un idéal ne peut s’imaginer que dans le cadre d’une éducation donnée à nos jeunes en vue de leur ouvrir l’esprit et non pas de le formater dans un sens ou dans l’autre. Évidemment, cela ne convient pas aux tenants du pouvoir des partis dits traditionnels. Un travail d’éducation populaire et libre doit être réalisé… En espérant encore une fois que celui-ci ne soit pas détourné par un pseudo Messie qui s’accaparerait les esprits de notre jeunesse… Ce n’est pas gagné...
A bon entendeur, devenez sourd…
Remercions la Cour de Cassation d’avoir confirmé le jugement qui touche Sylvie ANDRIEUX, débarquée du PS et de l’assemblée nationale suite à sa condamnation, du 9 novembre 2016, à 4 ans de prison, dont 3 avec sursis, et 5 ans d’inéligibilité. Mais…
« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Denis BAUPIN, Patrick BALKANY, Thomas THÉVENOUD qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »