Donner un point de vue qui se veut autre, dans tous les cas un point de vue politiquement incorrect. Haroun donne son avis sur l'actualité du petit monde qui nous entoure... Ni de droite, ni de gauche... Du dessus !
11 Octobre 2016
Cela fait 355 années que l’argent existe… Enfin beaucoup plus mais je parle d’argent fiduciaire, les billets et les pièces. C’est une banque suédoise qui va mettre fin à ce règne de l’argent « liquide », c’est même la plus ancienne banque centrale du monde, la Sveriges Riksbank. Étrange, non ? Être à la fois l’inventeur d’une chose et celui de sa mort est terrible. C’est en effet le banquier hollandais qui, à Stockholm en 1661, a émis le premier billet de banque en Europe. La seule question qui me vient automatiquement à l’esprit est, vous vous en doutez, pourquoi ? En une petite phrase, nous pouvons dire gravement que c’est la fin de la lutte du bien contre le mal ! Là aussi, pourquoi ?
Aujourd’hui en Suède moins de 2 % des règlements se font soit par carte soit par le truchement d’une application sur les téléphones intelligents qui nous abêtissent. Comme le dit Alexandre Lacroix la moitié des Suédois paient via leurs mobiles, soit 4,5 millions de personnes. C’est énorme. Même les quêteurs qui garnissent leurs transports en commun ou leurs trottoirs mettent un panneau avec leur numéro de portable pour que leurs généreux donateurs fassent le virement de leurs oboles et qui en attestent en leur montrant leurs écrans qui montrent la validité de la transaction. C’est à peine croyable. Vous imaginez-vous cela à Paris, Marseille, Lyon ou dans nos campagnes les plus reculées ? Alors il faut relativiser un peu tout de même parce qu’ils ont tout de même quelques problèmes de connexion dans leurs propres campagnes mais enfin, tout cela répond-il à un besoin ?
Il faut croire que oui car dans ces pays nordiques depuis l’entrée en vigueur de la Réforme, les habitants ne mettent plus de rideaux aux fenêtres car les honnêtes gens n’ont rien à cacher n’est-ce pas ? S’il est vrai que cette éventualité, qui est prévue pour être générale sur tout le territoire suédois en 2030, a fait chuter drastiquement le nombre des véhicules blindés transporteurs de fonds et leurs braquages, est-ce pour autant un bien ? Bien évidemment, les porteurs de ce projet voient la fin des ventes illicites, des drogues, de la prostitution, etc. Mais l’éradication du mal ne peut engendrer qu’une seule conséquence, la mort du bien. Ou la condamnation pour tout un chacun d’être bien et de ne pratiquer que le bien. Mais un oubli est fait dans ce triste constat, sans mal le bien n’existe plus et vice versa. Et que donnera une société où le bien et le mal n’existent plus ? Nul ne le sait, mais philosophiquement c’est un vrai problème.
Nos voisins nord-européens ont été les parangons de la religion protestante en Europe. A force de stériliser le monde ne devenons-nous pas prisonniers de celui-ci ? Et pourquoi ce pays, en avant-garde sur bien des sujets sociaux, connaît-il le plus fort taux de suicide des jeunes en Europe ? Les opposants à cette idée, qui n’est à mon avis rien que stupide, ne font appel qu’à des arguments techniques comme la couverture du réseau ou les moyens de paiements des sans-papiers, alors que le problème est ailleurs. La richesse de l’homme ne provient-elle pas de ses choix ? De ses éventuels égarements et de sa possible rédemption ? Sans bien ni mal plus de rédemption possible. La prison a des barreaux d’or fin mais c’est une prison. Cette manière, très autoritaire, de supprimer le mal ne fera que le raviver autrement, sous d’autres formes, certainement plus machiavéliques et inattendues. Le mal a souvent des idées de génie, le génie des êtres humains. Sans compter que tout sera contrôlé par les banquiers, connectés au fisc, et pourquoi pas à votre conjoint qui pourra vous reprocher ces verres bus avec vos collègues de bureau trop régulièrement… C’est aussi un flicage général qui va mettre les Suédois devant l’obligation de faire uniquement ce que la société attend d’elle. C’est l’invention de l’homme robot avant l’heure.
La liberté de choisir, la liberté de revenir sur les choix que l’on regrette, la liberté de cacher quelque chose, tant en bien qu’en mal, toutes ces libertés vont mourir avec une tragique violence. Mais cette mort sera encore à la fois sacrificielle et volontaire. Notre asservissement volontaire va encore trouver une voie nouvelle pour s’exprimer. Quelle est la valeur d’un acte de Bien si le Mal n’est pas possible. C’est le prix de la liberté que de laisser à chacun la possibilité de choisir le bien ou le mal. Sans ce choix que vont devenir nos qualités, notre discrète générosité ? Que vont devenir nos défauts et nos mauvaises actions de petite ou grande importance, notre pardon, et donc notre rédemption par la reconnaissance de nos fautes et de nos erreurs qui nous font grandir au lieu de nous avilir ? La seule raison pour laquelle ce type de décision est entérinée par des gouvernements est la main mise sur tous nos comportements, sur tous nos actes. Le contrôle des animaux que nous sommes et qui ne sont voués qu’à consommer pour faire fonctionner la méga-machine des économies et de leurs rouages malfaisants. Il ne tardera pas le moment où les gouvernements et leurs bailleurs de fonds, lobbyistes et multinationales en tête, demanderont à ces mêmes gouvernements de contrôler bientôt nos pensées. C’est pour l’instant réalisé via la publicité et les médias qui se chargent de répandre la « bonne parole », le sacro-saint politiquement correct qui enrichit les riches au détriment des pauvres tout en leur faisant croire au bonheur.
Mais ne l’oublions pas, nos télévisions à écrans plats et connectées à l’Internet sont munies de caméra… 1984 n’est pas loin… Je dirais même que c’était déjà hier ! Lobotomisés de tous les pays unissez-vous et luttez contre ces mouvements réactionnaires qui nous changent tous en de vulgaires bestiaux que l’on mène du pré à l’abattoir suivant les désirs de ceux qui tiennent les commandes. Que les Dieux du Bien et du Mal continuent de se battre, cela ne peut que préserver notre liberté.
A bon entendeur, devenez sourd...
« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Denis BAUPIN, Patrick BALKANY, Thomas THÉVENOUD et Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »