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Point de Vue Incorrect

Donner un point de vue qui se veut autre, dans tous les cas un point de vue politiquement incorrect. Haroun donne son avis sur l'actualité du petit monde qui nous entoure... Ni de droite, ni de gauche... Du dessus !

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Editôt ou éditard... (206)

Editôt ou éditard... (206)

Vous connaissez Adam Smith, ce précurseur du capitalisme libéral qui sert de guide à l’école de Chicago dont une autre vedette incontestée est Milton Friedman, un autre chantre du libéralisme à tout va. Ces braves gens partaient du principe, relativement naïf, que le marché allait tout régler dans un esprit de compétition saine et honnête. C’est bien la preuve que l’économie, contrairement à ce que disent les ministres de l’éducation et les universitaires, n’est pas une science sociale. Cela vous surprend ? Réfléchissons ! Dans social on retrouve les mêmes racines que dans société. Or il ne peut y avoir de société sans membres de celle-ci, en effet une société représente un groupe, un ensemble. Dans notre cas, nous parlons bien évidemment d’un groupe humain. A part Jean-Jacques Rousseau, qui peut encore croire de nos jours que l’homme est infiniment bon et que la société le pervertit ? Et de toute façon il y a un paradoxe dans cette croyance sans fondement. La société étant le rassemblement de ses membres, si ceux-ci sont infiniment bons comment se peut-il que leur réunion mène à leur corruption ? Rousseau, que j’adore par ailleurs, peut aller se faire rhabiller…

Oui, mais pourquoi ?

Pourquoi l’économie n’est-elle pas une science sociale ? Parce qu’elle ne s’intéresse pas aux réalités humaines mais seulement à un homme idéal, sans défaut et éthique, qui réagit sans intention maligne, sans arrière-pensée égocentriste. Leur être humain n’est qu’un outil parfait sur lequel ils basent tous leurs calculs, toutes leurs stratégies. Or les hommes ne sont pas parfaits, j’en suis la preuve évidente et je ne suis pas le seul… Le pire est qu’eux-mêmes, les économistes l’ont bien remarqué. Par exemple, le « revenu relatif » est une donnée mise en avant par ces réducteurs de l’humanité à des chiffres. Qu’est-ce que c’est ? « Ce n’est pas seulement le montant du revenu absolu de l’intéressé, mais le rapport entre ce revenu et celui des autres. » dit Joseph Stiglitz. Et c’est vrai à tel point que cela remet en question la corrélation à long terme entre croissance du PIB et bien-être subjectif. Sachant cela comment nos distingués économistes peuvent-ils encore imaginer que le marché, manipulé par des êtres humains, pourrait être juste, honnête, éthique ? Le parfait exemple de cette manière de penser le fonctionnement des humains est visible dans les publicités qui excitent souvent, voire toujours, les plus mauvais instincts de ceux-ci ; la jalousie, l’égoïsme, l’âpreté, la violence, etc. Donc si l’économie ne s’intéresse qu’à l’homme parfait, déjà elle n’est pas une science puisque le sujet de ses études n’existe pas. Et, de plus, elle ne peut être sociale.

L’économie est à la politique ce que le maillet est à l’ébéniste

Non seulement ce n’est pas une science mais ce n’est qu’un outil, un simple outil mis à la disposition de la politique. Comme nous l’avons déjà vu récemment, la philosophie vous permet d’avoir une vision de votre société, cette vision génère une politique pour parvenir à cette société, et enfin l’économie est un éventuel outil pour faire que chacun puisse coexister avec ses Sœurs et Frères sans heurts et dans le respect de chacun. Vous avez noté que j’ai écrit « un éventuel outil »… Effectivement je ne suis pas certain que l’économie soit obligatoire, mais c’est mon opinion… La dictature des chiffres nous mène à la dictature des idées, ne le constatons-nous pas en écoutant tous ces candidats à la candidature ? Nous sommes déjà maintenus en otages par ces chiffres qui nous repoussent au niveau des choses, des objets, des jouets dont on peut tirer ce qu’on veut en s’assurant de leur servilité. C’est par le chantage odieux du marché que nous acceptons de nous vendre dans les meilleures conditions qui deviennent en ce moment de plus en plus mauvaises. Les marchés du travail, des matières premières, des produits qu’on nous impose subrepticement alors qu’ils ne nous sont absolument pas nécessaires, tous ces beaux marchés qui théoriquement ne souhaitent que notre bonheur ne sont ni justes ni honnêtes. Ils sont manipulés par leurs propriétaires dans le but unique et trivial de faire des montagnes de profits qui seront investis dans la création de nouveaux produits et ceci indéfiniment. Non seulement l’économie n’est pas une science mais elle est une arme de destruction massive de l’humanité en imposant une robotisation de l’être humain en consommateur lobotomisé.

Adam Smith conclut d’ailleurs dans ce sens

Il dit : « Dans cette mêlée générale pour la prééminence, chaque fois que quelqu’un s’élève, d’autres doivent nécessairement tomber plus bas. » Jolie perspective n’est-ce pas ? Chacun pour soi et les Dieux pour tous. Il n’avait même pas besoin de moi pour le contrarier, il disait lui-même tout le mal qui naissait et naît encore de sa propre théorie. C’est un choix de société et donc ce n’est pas un choix économique mais bien un choix philosophique. Il y a des millions d’exemples de la stupidité de cette belle théorie qui repose sur le principe suivant : dans un marché parfait, les profits privés et les bénéfices sociaux sont alignés, sont équilibrés. C’est ce qu’on appelle la théorie de la productivité marginale. A titre d’exemple cela signifie que la contribution sociale de chaque salarié est exactement égale à sa rémunération privée. Alors comment expliquer les salaires mirobolants des patrons qui sont très au-dessus de leurs contributions sociales ? Mais ce n’est pas tout, un autre exemple juste pour rire. Vous comptez certainement parmi vos amis des gens qui travaillent beaucoup pour satisfaire l’ambition de rendre heureuse leur famille… Ce qui se conclut généralement par une détérioration, voire une destruction, de la famille causée par l’absence de celui qui veut son bonheur… C’est l’histoire de celui qui travaille comme une brute et qui meurt sans jamais avoir pu profiter de ce que le travail lui avait apporté… Etc. C’est sans fin, les exemples sont innombrables.

Le bonheur est ailleurs et ce n’est certainement pas l’économie qui va nous le donner. C’est à nous de nous le fabriquer avec l’aide complice de ceux que nous aimons et qui nous aiment. L’argent et les choses n’ont aucun lien obligatoire avec le vrai bonheur. Mais c’est à vous de décider…

A bon entendeur, devenez sourd...

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Denis BAUPIN, Patrick BALKANY, Thomas THÉVENOUD et Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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