Donner un point de vue qui se veut autre, dans tous les cas un point de vue politiquement incorrect. Haroun donne son avis sur l'actualité du petit monde qui nous entoure... Ni de droite, ni de gauche... Du dessus !
16 Septembre 2016
La droitisation de Sarkozy va sans dire mais elle va encore mieux en le disant. Le reniement est sans aucun doute la maître mot de sa campagne à la primaire, de l’extrême droite, de la droite et de l’extrême centre, organisée par le parti dont le président, lui-même, est mis en examen et est appelé le « candidat casserole » par Médiapart. Ce petit dictateur en herbe nous a fait hier la démonstration de sa hauteur de vue sur notre république en pleine déliquescence, par sa faute en partie. En fait et pour la faire courte, il prend le contre-pied exact et total de ses propres paroles, celles de jadis, lorsque les Français avaient eu l’inconscience de lui donner les clefs de l’Élysée à titre précaire. Plus de Grenelle de l’écologie, plus de cette générosité dont il était le dispensateur dans la théorie et l’unique bénéficiaire dans la pratique. Mais la superbe cerise sur ce gâteau minuscule est son vœu d’enfermer tout le monde. Ça c’est grand. Ça c’est unique, pas nouveau mais unique dans cette campagne qui ressemble plus à un bain de boue.
Toujours aussi nerveux et excité dans ses mouvements du corps comme d’humeur, il nous a présenté une pâle copie du Napoléon qu’il s’imagine être. Il veut imposer tout et n’importe quoi à l’Europe, lui qui n’a fait que déliter tout ce qui pouvait encore préserver quelque peu notre souveraineté, nos principes ainsi que notre devise nationale.Il veut imposer l’enfermement comme règle de conduite de base d’un état qui punit sans passer par l’intermédiaire obligatoire de sa propre justice. Belle définition de l’état de droit proposé par un avocat ; ce qui nous explique le fossé qui semble séparer ce personnage des juges qu’il honnit à tout va. Mais sa diatribe sur les enfants « perturbateurs professionnels » m’a convaincu de ne jamais voter pour lui. Je vous rassure cela n’était pas nécessaire, je n’ai jamais voté pour lui ni pour Hollande, que tous les Dieux disponibles me protègent de cela, je préférerais mourir rôti à petit feu… plutôt que de voter pour l’un ou l’autre. Revenons aux enfants. Il veut réanimer les maisons de correction ce brave petit bonhomme. Ça aussi c’est du frais, du nouveau, et surtout c’est la preuve qu’il est pour des solutions faciles, claires, celles qui ne demandent pas de réflexion, celles qui ne fatiguent pas trop les méninges, pour ceux qui en ont, de nos chers gouvernants. Une fois qu’on aura enfermé les fichés « S », les jeunes turbulents, pourquoi n’enfermerions-nous pas les mal-pensants, ces infâmes gauchistes qui osent demander l’application des droits de l’homme et de la Constitution à un Bonaparte qui ne deviendra jamais un Napoléon. On voit d’avance quel type de république cet olibrius a l’intention de nous concocter. On sent bien le Viktor Orban poindre derrière le masque du sourire pincé qu’il affecte devant des caméras avides d’images et de propos sensationnels.
Pour ce qui est de ses intentions programmatiques… Là-aussi, que du nouveau… Baisse d’impôts, disparition de 300 000 fonctionnaires, allongement de la durée du travail et recul de l’âge de la retraite… J’en passe et des pires. Enfin, rien de bien sympathique, comme vous pouvez l’imaginer et surtout que de vielles recettes dont nous avons pu déjà juger, à maintes reprises, l’inefficacité. Ce monsieur ne voit même pas que nous changeons de société, que le monde va vers un départ de plusieurs millions de personnes de l’univers habituel de l’emploi qu’ils ont connu depuis des générations. C’est de nouveau paradigme dont nous avons besoin pas de resucées d’antiennes, sans chœurs, qui nous ont lassés et jamais contentés. Lisez l’article du Monde, ce journal à grand tirage qui ne sert qu’à allumer les cheminées et à regarder des publicités, cela vous dira l’ambiance de ce débat qui n’en était pas un, comme la télévision les fait si bien. Son programme n’est en rien révolutionnaire ou même novateur, aucune vision alors qu’il cite ce mot à plusieurs reprises au milieu de ses fadaises. Une vision demande de faire table rase des vieilles habitudes, en tout cas d’essayer, elle aspire à un dépassement surtout de soi mais aussi de son horizon, elle brigue un niveau d’inspiration instillé par l’amour de l’intérêt général et l’abandon de soi, et tant d’autres choses lorsqu’on est un Homme politique, un vrai, pas une demi-portion comme celles que nous avons devant les yeux avec Hollande et Sarkozy ou même leurs compétiteurs. Ce ne sont pas des programmes, ce sont des testaments. Malheureusement l’héritage est constitué de dettes et de peines dont nous, les héritiers légaux, les légataires universels sous la forme du peuple de notre pays, aurons à assumer les charges sans avoir l’opportunité de refuser cet héritage qui nous condamne à un avenir qui se veut tout sauf facile.
Heureusement, Charline Vanhoenacker, une humoriste qui travaille à France Inter, est venu faire rire jaune notre chevalier blanc du Fouquet’s. Rien que ça de bon dans cette émission que je ne regarderai certainement plus, comme tant et tant d’autres. Nous avons les politiciens et la télévision que nous méritons… N’est-ce pas ?
A bon entendeur, devenez sourd...
PS : Le référé demandé contre le ministère de l’éducation nationale dans le cadre de son accord avec Microsoft a été rejeté, les demandeurs ont tous été déboutés. Je comprends la décision en droit tout en pleurant l’absence de sens moral dans celui-ci. Avec un procès sur le fond, cet accord a remis nos enfants, pour des années, entre les mains d’une multinationale sans scrupule qui ne vise qu’à étendre son pouvoir et ses profits. Amen dirait des religieux...
« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Denis BAUPIN, Patrick BALKANY, Thomas THÉVENOUD et Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »