Donner un point de vue qui se veut autre, dans tous les cas un point de vue politiquement incorrect. Haroun donne son avis sur l'actualité du petit monde qui nous entoure... Ni de droite, ni de gauche... Du dessus !
15 Septembre 2016
La procession des candidats aux différentes primaires à Belfort chez Alstom est symptomatique de la situation de la politique et de l’économie à la française. On fait fi de l’histoire et on raconte n’importe quoi. Il est vrai que c’est un tant soit peu déstabilisant de voir une société faire des profits énormes, remporter des marchés à l’international dignes d’un grand groupe comme le fut jadis cette compagnie et qu’elle est encore un peu malgré la vente d’une de ses branches, porteuse d’avenir dans le domaine de l’énergie, à la General Electric l’an passé. Mais nous gouvernons nos entreprises par centre de profit. Or le transport ferroviaire n’en est pas un, surtout dans le créneau du fret, et donc aussi dans celui des locomotives réservées à ce même créneau. L’émotion en ce jour de la certainement dernière manifestation contre la loi travail prend donc toute son ampleur dans cette région. Il est question de nationalisation sur la base d’une présence dans le capital de l’état à hauteur de 20 %… Mais…
L’actionnaire de référence d’Alstom est Martin Bouygues. C’est notre ex sinistre du redressement qui n’a jamais été productif, Montebourg, qui se battit contre lui pour récupérer ce qu’il appelle la nationalisation de la compagnie à l’époque, il y a exactement deux ans. Mais l’état, en état d’extrême pauvreté n’a pas été capable de payer à Bouygues les 34 € par action qu’il réclamait. C’est ainsi que l’état s’est fait prêté par le Martin les 20 % d’actions qu’il dit posséder. Je n’en suis plus sûr mais je crois même que ces actions ne donnent pas à l’état de droits de vote. Mais un prêt n’est pas synonyme de propriété dans notre droit et même dans la pure logique qui dirige nos affaires dans le pays. L’état devra acheter au prix du marché ces actions en novembre 2017 s’il veut vraiment les détenir réellement et non pas « putativement ». Donc l’état ne possède qu’un droit d’acquisition et seulement au prix du marché. Inutile de vous dire que le marché, sauf catastrophe majeure toujours possible, ne fera pas baisser le cours de l’action avec un carnet de commande bien alimenté de presque 30 milliards d’euros. Il faudra donc acheter les 20 % avant d’en acheter plus et de faire la nationalisation en douceur dont rêvent certains candidats à la candidature. Hollande, pauvre comme Job d’avoir gaspillé nos impôts au profit notamment des entreprises multinationales, ne sera pas capable d’acheter cette splendide nationalisation. Hormis une nationalisation à l’arraché, tel le révolutionnaire qu’il n’a jamais été, je ne vois pas comment ce financement pourrait être trouvé sans creuser encore un peu plus l’endettement de notre pays exsangue. Si cet achat n’est pas réalisé en novembre 2017, l’état perdra tous ses droits sur ces titres. Oups...
C’est ainsi, si cela était nécessaire, que nos dirigeants nous prouvent une fois encore que leur parole n’est pas digne de confiance. Nous ne pouvons rien accepter sans vérifier car, comme à chaque fois, il n’y a que fourberie et supercherie dans leurs propos. Ils nous mentent et travestissent la vérité à leur avantage bien évidemment. Remarquez qu’il faut tout de même faire attention car lorsqu’on voit comme gèrent nos gouvernants, ils seraient capables de faire perdre de l’argent à une entreprise qui en gagnait jusqu’à maintenant. Il suffirait d’un peu de népotisme et d’énarques aux commandes pour que le train Alstom déraille. Ils en sont capables, ils l’ont déjà fait à maintes reprises. La gestion d’EDF et d’Areva ne fait qu’apporter de l’eau à mon moulin, n’est-ce pas ? Et ce n’est pas l’accord de nos voisins Grands Bretons sur l’affaire Hinkley Point avec des EPR que nous ne savons toujours pas mettre en fonctionnement qui m’apportera la contradiction. Si nous devions retirer les mensonges et les cachotteries des discours de nos chers élus, il ne resterait… rien ou si peu. Nous sommes les meilleurs en tout, même en locomotives, mais voilà, nous ne parvenons pas à le démontrer, surtout dans le nucléaire. Des milliards perdus avec Superphénix, vont se cumuler aux milliards perdus par Areva et bientôt avec les EPR. Vive la technologie française ! La morale de la morale est que Alstom locomotive de Belfort fermera comme Florange et le reste… mais après les élections de 2017, comme ce fut le cas pour la sidérurgie. EDF n’a même plus les moyens de financer les réparations de toutes les malfaçons commises par Areva partout dans le monde et bien sûr en France. Ça c’était l’exemple, avec Alstom il se passera exactement la même chose qu’à l’accoutumée. Dalida chantait : Paroles, paroles, paroles…
En fait le chômage, les fermetures d’usine, les licenciements facilités par la loi travail, tout cela n’impressionne pas nos preneurs de mauvaises décisions. Nous payerons, ils en sont certains et pas les multinationales, nous les sans dents… Alors les frères et sœurs humains… A vos poches !
A bon entendeur, devenez sourd...
« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Denis BAUPIN, Patrick BALKANY, Thomas THÉVENOUD et Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »