Donner un point de vue qui se veut autre, dans tous les cas un point de vue politiquement incorrect. Haroun donne son avis sur l'actualité du petit monde qui nous entoure... Ni de droite, ni de gauche... Du dessus !
2 Août 2016
Monseigneur Barbarin, que nous devrions plutôt écrire mon saigneur, vient de recevoir la même absolution que les prêtres pédophiles, dont il avait la charge et qu’il a absout du fait de sa non dénonciation. Bravo ! Quel talent ! L’église est vraiment un bon exemple à suivre. Bien entendu, je sais bien que l’église n’est pas le ramassis de pédophiles qu’elle semble protéger. C’est un fait, heureusement minoritaire. Mais cela n’excuse pas tout, lorsque cette même église, plusieurs fois criminelle dans le passé, continue à vouloir donner des leçons de morale qu’elle n’applique pas elle-même, quelle crédibilité peut-elle avoir ? Aucune, nous sommes d’accord. Mais, en sus cette affaire met au jour d’autres soucis, d’ordre judiciaires…
Le droit français fait une large place à l’aveu et le reconnaît comme étant la source-même de toute mise en accusation. En absence de tout aveu, l’apport de la preuve doit être produite par le ministère public et ses représentants. Nous pouvons constater, non sans une gêne non feinte, que tout suspect d’un acte illicite ou criminel, s’il est vraiment professionnel, n’avouera jamais rien. C’est ainsi que j’ai vu deux personnes condamnées dans deux affaires différentes. Alors qu’elles avaient avoué leurs fautes et aidé la justice à la résolution des affaires dans lesquelles elles étaient incriminées, à plus de 5 ans de prison, alors que le complice de l’un d’entre eux, vrai pro, n’avait rien dit et surtout rien avoué, se vit condamner à deux ans de prison. Cela signifie en gros, si j’ai bien compris le message de la justice que si tu la fermes, ta bouche, tu auras de toute façon moins que si tu fais preuve de contrition et avoues tes fautes. C’est une prime à la professionnalisation du crime et de la malfaisance. Il fallait y penser, ils l’ont fait. Je comprends bien la présomption d’innocence et le fonctionnement de l’aveu, pas de souci, je suis moins idiot que j’en ai l’air. Cependant, la géométrie variable de cette même présomption me fait sourire. Quand Sarkozy invoque, dans le cadre de ses nombreuses affaires, cette innocence putative et protégée, cela n’a pas le même effet sur les policiers et les juges que sur ces mêmes porteurs de casquettes ou d’hermine lorsqu’ils arrêtent des noirs ou des arabes, pour la millième fois, afin de s’assurer qu’ils ont bien tous leurs papiers en règle. Encore moins lorsque ces mêmes noirs et arabes arrivent menottes au poignets dans un commissariat. La présomption d’innocence n’est réservée qu’aux blancs qui ont des relations, de l’argent et de bons avocats. Ceux qui ont vu débouler chez eux ne serait-ce que des contrôleurs du fisc savent de quoi je parle. Nous, nous sommes bénéficiaires d’une présomption de culpabilité, ça oui.
Et que dire aux victimes ? « Vous auriez dû vous faire violer plus récemment car la prescription fait que vous n’avez pas été officiellement violés, désolé mais c’est à refaire... » S’il est vrai que la justice et la morale sont bien deux choses différentes, est-ce pour autant « juste » de laisser des criminels impunis de fautes commises par eux dans un passé plus ou moins lointain. Et quid des victimes, que leur dire lorsqu’ils risquent de croiser dans la rue, en toute quiétude, des gens qui ont peut-être détruit leurs vies ? Que dire ? La prescription est encore une fois un atout valable pour les « pros » du banditisme et du crime, qu’ils soient dealers de drogue, bandits de grands chemins ou pédophiles. Je comprends aussi qu’une punition infligée trop tardivement n’a pas le même but ni les mêmes conséquences sur ceux à qui nous les administrons. Mais ne rien faire et laisser courir n’est pas non plus la solution car les victimes, elles, attendent que réparation soit faite. Ou au moins que leurs droits à leur demande donne lieu à une sanction, même relative, du fait du temps, mais elle doit être attribuée aux coupables. Sans cela, les victimes seraient, une fois de plus, les dindons d’une farce et d’un certain déni de justice, un refus de notre administration de constater leur souffrance et leur état de victime. Ce ne serait ni juste et encore moins moral. Cette église qui se veut si morale justement, qui lutte contre le meurtre de fœtus dans le ventre de leurs mères en s’opposant à l’avortement, est moins regardante lorsque ce sont ses prélats et ses prêtres qui commettent fautes et crimes. S’opposer au mariage pour tous est aussi plus facile qu’admettre la pédophilie comme moyen de sélection de son personnel ecclésiastique... j’exagère un peu… Sacrée église, toujours aussi sacrilège de sa propre foi et de ses propres principes…
Conseil à tous les criminels : n’avouez jamais, comme Guy Mardel le disait déjà en 1965.
Conseil spécial aux pédophiles : entrez dans les ordres, ensuite faites ce que voulez mais surtout demandez à être muté tous les deux ans et faites-vous oublier de vos victimes pendant au moins 3 ans. Normalement, si vous appliquez cela et que vous êtes dans le diocèse de Lyon, vous devriez connaître une carrière, pleine de plaisirs inavouables, longue et paisible. Et que le diable vous emportent tous, vous et vos complices du clergé qui vous protège.
A bon entendeur, devenez sourd...
« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Denis BAUPIN, Patrick BALKANY, Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »